Où suis-je?
27 avril, 2009
Je devrais dire plutôt où en suis-je? J’encaisse et j’assume! Deux en deux, deux par deux! Notre dernier spectacle à Montréal, dans la jolie salle intimiste du Balcon, m’a permis de remettre les pendules à l’heure. À la prochaine? C’est ce que mon coeur espère, mais ma tête me dit : ”Sûrement pas cette année!” Nous ne sommes pas prêts. Y a quelque chose qui cloche, je “déclotche”! J’étouffe! Je me sens perdue. Il faut que je me ressaisisse devant l’abysse. Festival en chanson de Petite vallée? Pas cette année, probablement jamais. En fait, je pense que je suis devenue trop vieille pour ça. “J’cours les concours, y paraît qu’ j’ai toute pour” chantait Charlebois à propos de Miss Pepsi. J’cours plus. Je m’arrête. Je réfléchis.
Dans tout ce brouhaha intérieur, une étincelle, une lumière au bout du tunnel. Le Duo Impromptu a obtenu un superbe contrat dans le cadre des fêtes du 375ième anniversaire de la ville de Trois-Rivières : 30 représentations dans autant de résidences pour personnes âgées de la région du grand Trois-Rivières. Pour moi, un pur bonheur! Nous irons chanter Piaf, Brassens, Dalida! Partager nos chansons préférées avec un public en or! J’aurais voulu organiser une telle tournée que je n’en aurais eu ni les moyens, ni les contacts. Quelle belle opportunité! Quel beau projet! Pour les personnes qui ne peuvent pas toujours se déplacer pour venir au spectacle, amenons le spectacle jusqu’à elles. Mai et juin s’annoncent riches en émotions, en rencontres et en défis. Youppi!
En lisant cette chronique, peut-être aurez-vous envie de me diagnostiquer bi-polaire? La pauvre, elle devrait aller consulter! Je me suis demandée si je publierais ce texte parce qu’il reflète vraiment l’ambivalence et l’introspection permanentes dans lesquelles je nage perpétuellement. Comment “dealer” avec ça? Dans une même journée, à 11h je reçois des fiches d’évaluation de Petite-Vallée qualifiant notre travail artistique en chanson de “conventionnel”, “nébuleux” et “hermétique” et à 14h30 je reçois la confirmation de l’obtention de notre super contrat avec les fêtes du 375ième. Y’a de quoi perdre le nord! Avouez…
J’entends déjà les commentaires devant mon angoisse artistique existencielle : “Pourquoi vous demandez pas à quelqu’un de s’occuper de vos affaires?” Un agent? Un gérant? Un bookeur? On a déjà essayé. Connaissez-vous quelqu’un qui va travailler 35 heures par semaine pour trouver des contrats au Duo Impromptu? C’est comme une histoire d’amour la relation entre un gérant et son artiste. Ce n’est pas pour rien que souvent le mari de…la femme de…la soeur de…ou le frère de…sont les heureux représentants d’un membre de la joyeuse colonie artistique québécoise. Si nous signons un engagement rigide avec une personne pas sérieuse, nous allons tomber dans un autre type d’angoisse passive : l’attente du coup de téléphone qui va nous permettre de boucler le budget du mois. Quand je m’occupe de nos affaires, je peux appeler des gens, je peux bouger, je peux agir sur les choses, je ne suis pas uniquement dans l’attente.
Je conserve en tête une citation, dont je ne me souviens plus l’auteur, lu dans le Journal de Montréal de ce week-end, à propos du dernier livre de Madame Bombardier sur notre Céline national : ” La gloire est le deuil éclatant du bonheur.” J’essaie toujours de garder en tête qu’il est possible de faire ce métier que j’adore et qui me passionne en me concentrant sur les petites gloires du quotidien. La gloire avec un grand G coûte probablement très chère de kleenex. Je ne refuserai jamais un coin de tapis rouge gagné durement à la sueur de notre front, mais en même temps, est-ce nécessaire le tapis rouge? Non.
Je garde sur mon coeur la fleur reçue cet après-midi. Les pots cassés? Je les ramasse et j’essaie de faire appel à ma créativité pour en faire quelque chose de contructif. Mes objectifs : écouter mon coeur, en prendre et en laisser, suivre mon instinct, laisser place à ma spontanéité légendaire et surtout continuer. Fly, fly, fly away/ don’t look back/ anyway.

Entre deux vagues…
14 avril, 2009
Comme le dirait la chansons : “Le ciel est bleu, la mer est calme, ferme ta…jolie bouche et rame!”
J’ai l’impression de brasser du vent depuis le début du mois d’avril. J’essaie de percer un minuscule trou de lumière dans le mur médiatique montréalais. Je ne me plains pas. J’imagine…le nombre de communiqués, de disques, de livres, de plaintes, de “félicitations pour votre beau programme”, de fleurs, de pots, de suggestions et de “je crois que notre disque pourrait vraiment vous intéresser”, les médias montréalais doivent gérer quotidiennement? Hallucinant! Délirant! Probablement décourageant! En attendant ma minute de gloire dans La Presse, je respire par les narines et je scrute l’horizon. J’attends la prochaine vague, le prochain frisson.
Projet, projet, toujours des projets!
9 avril, 2009
Je ne vous l’avais pas dit? Ma chronique est mensuelle ou bi-mensuelle? Ne dit-on pas que l’important c’est de participer? Que faisais-je au mois de mars? Je rêvais, j’écrivais, je rêvais, je travaillais, je réfléchissais, je souffrais, je rêvais, je crayonnais, je conceptualisais, je rêvais, je travaillais, je cherchais, je trouvais, je neuronais, je rêvais, j’écrivais, je corrigeais, je recorrigeais, je re-re-re-recorrigeais pour finalement pondre un merveilleux projet qui a été déposé au Conseil des arts et des lettres du Québec. Un projet qui, s’il est accepté, nous permettra de flyer vers de nouvelles chansons, vers de nouveaux spectacles, vers un nouveau disque et vers Paris!!!!
Roulements de tambour….je garde le suspens jusqu’au mois de juillet. Je cite : “Les artistes doivent compter trois mois pour l’étude de leur dossier.” L’attente est peut-être, pour moi, l’aspect le plus souffrant dans mon métier.
Attendre son tour avant une prestation, attendre une réponse d’un comité suite à une offre de spectacle, attendre la réponse suite à une demande de bourse. Parfois l’attente est douce, comme un premier rendez-vous, parfois l’attente est angoissante, parfois elle est longue, parfois on obtient une réponse positive qu’on attendait plus. Le merveilleux monde du showbusiness est une série ininterrompue de salles d’attente plus variées les unes que les autres.
Comme le dit la chanson : “Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux.” Je n’attends pas pour le bonheur, je suis fondamentalement une personne heureuse! Je me sens vivante dans ce métier même si je dois attendre. Mon truc? Recherche et développement : des projets, des projets, encore des projets, toujours des projets. Je n’attends pas le verdict comme un condamné à mort. J’avance, j’avance sans perdre la carte, avec ma boussole et je trouve des éclaircies. À attendre en avril : les résultats de ma promo auprès des médias montréalais pour notre prochain spectacle et la sélection 2009 pour les auditions du Festival en chanson de Petite-Vallée. Espérance et foi en cette semaine Sainte!